Méditation Chrétienne : L'assise et la présence - Denis CRÉPIN

MD4 – Dim. 12h30 | 13h40

Ouvert

L’Esprit Saint, Lumière dans la Ténèbre

Les racines de la méditation ne se trouvent pas seulement en Orient. Dès les premiers siècles de leur histoire, en effet, les chrétiens pratiquaient une assise silencieuse, dans la tradition spirituelle des ermites du IVe siècle dans les déserts d’Égypte et de Syrie. Cette tradition fut à l’origine de l’hésychasme chez les orthodoxes, doctrine selon laquelle, une pratique régulière de la prière silencieuse dans la tranquillité du corps et une attention à la respiration permettaient d’acquérir la paix de l’âme grâce à la présence du Saint-Esprit dans le cœur. Ce type de méditation chrétienne fut mis en avant en Occident au XIVe siècle grâce à Maître Eckhart pour qui l’âme humaine est le temple de Dieu dont la présence peut se manifester à l’homme si ce temple est vide. Le « Nuage d’Inconnaissance » dont l’auteur est un moine anglais contemporain de M. Eckhart, montre comment la méditation permet de se rendre attentif à la Présence de Dieu.

   La méditation est essentiellement un moyen de rejoindre son centre et de s’y maintenir attentif, silencieux et immobile. Le silence et l’immobilité conduisent à atteindre un état de veille. La foi intervient dans la méditation chrétienne où nous nous concentrons sur un Dieu que nous ne voyons pas, que nous n’entendons pas, mais dont nous acceptons la présence agissante.

    Dans cette méditation, il s’agit de renoncer aux pensées, à l’imagination, mais aussi aux soucis, au passé, au futur, être là maintenant et savoir renoncer également à un résultat immédiat en suivant les conseils de saint Jean de la Croix : « Pour arriver à goûter tout, veuillez n’avoir goût à rien ; pour arriver à savoir tout, veillez à ne rien savoir de rien ; pour arriver à posséder tout, veillez à ne posséder quoi que ce soit de rien ; pour arriver à être tout, veillez à n’être rien à rien ». Le silence est au cœur de la méditation. Nous n’avons pas à créer le silence en nous. Le silence est la langue de l’Esprit. Dès le Ve siècle, Denys l’Aréopagite écrivait que « c’est dans le silence qu’on apprend les secrets de cette Ténèbre dont c’est trop peu dire que d’affirmer qu’elle brille de la plus éclatante lumière au sein de la plus noire obscurité, et que, tout en demeurant elle-même parfaitement intangible et parfaitement invisible, elle emplit de splendeurs plus belles que la beauté les intelligences qui savent fermer les yeux ».

   L’atelier de méditation proposera les moyens à mettre en œuvre afin d’accéder à cette pratique dont nous ferons l’expérience en commun.

Denis CREPIN

Denis CREPIN est vétérinaire et homéopathe. Son maître en homéopathie, le docteur argentin Masi Elizalde étudiait la relation entre l’homéopathie et l’anthropologie à travers la vision aristotélicienne et thomiste de l’homme. Ce fut le point de départ d’une ouverture spirituelle. Il est titulaire d’une licence en théologie orthodoxe de l’Institut Saint-Serge à Paris. Mais la théologie ou la philosophie ne nous conduisent pas  dans l’expérience de Dieu lui-même. C’est une rencontre avec le dominicain Jean-Marie Gueulette, qui lui permit d’ouvrir une porte en ce sens. Celui-ci lui fit découvrir la prière silencieuse qui est une méditation développée dans la tradition chrétienne. Il put ainsi mettre la méditation quotidienne au centre de sa vie spirituelle.

   D’autre part, l’étude de la théologie et son intérêt pour l’histoire médiévale, lui ont permis de s’intéresser aux mouvements chrétiens hétérodoxes en en particulier au catharisme. Il est l’auteur de deux livres sur ce sujet : Aux sources du catharisme et Les frères Prêcheurs et le catharisme albigeois.   Ed. Gueuthner – mai 2017

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